J’avais un peu perdu le goût de me promener dans le centre de Paris, inondé par les bus touristiques et les voitures. Le quartier Saint-Germain et l’Île de la Cité sont des incontournables que je contourne depuis quelques temps. Je m’applique consciencieusement à éviter la cathédrale Notre-Dame, ce joyau de l’art gothique dont la majesté attire plus de 12 millions de visiteurs par an. Le parvis est tout le temps surpeuplé et, si l’on veut rentrer, mieux vaut s’armer de patience ! La beauté c’est comme tout, on s’y habitue. Quand on vit au milieu de chefs d’œuvre du patrimoine, on finit par passer devant sans même lever un œil. Ils font partie du paysage, de notre environnement. La flamme du premier regard s’essouffle…

 

Je boudais le patrimoine… Jusqu’au jour où je me suis rendue au spectacle son et lumière monumental joué sur la façade de Notre-Dame à l’occasion de la commémoration du centenaire de l’armistice de 1918. Comme d’habitude, le parvis était bondé. Je suis restée malgré tout. Soudain, toutes les lumières se sont éteintes. C’est la première fois que j’étais plongée dans le noir en plein centre de Paris. Un silence religieux s’est installé dans la foule, la cathédrale a commencé à s’illuminer. Tout à coup, on se sent seul au monde face à cette géante dont le corps massif devient la toile de tableaux fabuleux. Une pluie d’étoiles, l’infinité de l’univers, la lumière divine, le rouge du feu, toutes les palettes s’expriment sur ce chef d’œuvre pluriséculaire et plonge les spectateurs dans un état quasi contemplatif. Créé et mis en scène par Bruno Seillier, le spectacle Notre-Dame de Cœur invite à la paix intérieure.

 

Depuis des années en France, la (re)valorisation du patrimoine bâti passe par les spectacles son et lumière qui proposent de véritable voyages immersifs. L’architecture sert de support à la lumière, source intarissable de tableaux merveilleux qui s’animent à la nuit tombée. La fête des lumières à Lyon, Chartres en Lumière, La nuit des Chimères au Mans, Notre-Dame de Cœur à Paris, Chroma à Amiens, Le Ballet des Ombres Heureuses à Strasbourg… On redécouvre l’histoire d’une ville, d’un bâtiment, d’une rue… En plus, de valoriser le patrimoine, ce sont de véritables expériences visuelles à ne pas manquer !

La fête des lumières, Lyon

 

Chroma, Amiens

 

Delphine Romain Office assistant